• L'odeur d'une serviette propre et je me souviens de cette sensation de bien être quand je me lavais à l'hôpital. Pouvoir changer de vêtements, sentir le propre, c'est tellement agréable. Je crois que j'ai retrouvé un peu de dignité le jour ou j'ai pu ôter la blouse blanche de Réa pour enfiler des chemises que ma mère m'avait ramené. Je me souviens l'importance de se sentir propre, et je me souviens de ma première douche avec shampoing. C'était magique.
    Oh, pas tant la douche en elle même, très fatiguante pour moi qui ne tenait à peine sur mes jambes, mais le retour dans ma chambre en Pneumo, des draps propres, cette odeur de gel douche et de lessives, mes cheveux à nouveau brossés. Le réaprivoisement de mon corps.
    C'est drôle, les souvenirs de Réa reprennent leur place, maintenant que j'ai à nouveau le temps de penser, ils s'insinuent, au détour d'une odeur, d'un goût ou d'une sensation.
    C'est drôle combien j'ai pu, avec toutes ces histoires de CPE, me laisser vivre presque en oubliant ce bout de vie.
    C'était agréable. Le poids du souvenir.
    -Avina- 


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  • Il y a deux jours, retour au point de départ, ou presque, retour en pneumologie pour des examens complémentaires, un suivi comme on dit.
    Drole d'effet que d'y retourner. C'est normal la fatigue qu'il m'a dit, c'est normal, ça va durer quelques mois.
    "Posez votre torse contre la plaque et gonflez vos poumons" m'a dit la femme de la radio. Oui je sais, je connais, j'en ai fais une dizaine quand j'étais consciente et peut être autant quand je ne l'étais pas.
    (On est d'accord elles ne comptent pas puisque je n'aurais pas pu m'en souvenir de toutes manières)
    Drôle d'effet, la dernière fois j'étais venu en fauteuil roulant et pleine de perfusions.
    "Vous revenez de loin" m'a t-elle dit. Oui, je sais.
    Pas très pédagogue pendant mes examens, ils m'ont fait paniqué puisqu'il me fallait inspirer et expirer par un tube que tout à coup il fermait grâce à un clapet, et ce sans me prévenir. J'ai cru que j'étouffais.

    "Quand on sait que la légionelle que vous avez attrapé était particulièrement virulente on ne peut qu'être ravi de vous voir si en forme". Oui, merci.
    J'ai vu deux de mes radios, je lui ai demandé et bon seigneur, il me les a montré me faisant remarqué que j'étais toujours obsédée par ce trou dans ma vie. Et j'ai failli pleurer.
    Je voulais voir ce que donnait en image ma foutue bactérie.
    Donc j'ai vu la radio du lendemain de mon intubation, il m'a montré le tube qu'on voit très nettement. Finalement on ne voit qu'une masse blanche. J'ai pensé au premier abord qu'il s'agissait là d'une radio sur exposée comme on dit en photo mais non, c'était mon infection,la dureté du poumons presque de la couleur blanche des cotes.
    Très bon médecin que voilà, qui prend son temps pour m'expliquer que je garderai peut être des séquelles respiratoires à vie, que pour le moment il ne peut pas me le dire mais qu'il reste à ma disposition.
    Je suis sortie de là et je n'étais pas bien. Oh, bien sur, mes examens sont  presque parfait ma sat' (taux d'oxygène dans le sang) est a 99% contre 50 à mon arrivée au urgence.
    Pas bien quand même les souvenirs et tout le reste, y repenser, avec le temps, ça ira mieux.
    -Avina-


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